Au Cambodge, Aide et Action assure une distribution de nourriture pendant la crise du Coronavirus

Crédit photo : Christine Redmond

Au Cambodge, Aide et Action a lancé un projet de distribution de vivres pour les familles qui, en pleine crise de coronavirus, peinent à nourrir leurs enfants. En le déployant dès la semaine dernière dans un quartier pauvre de Phnom Penh, nous avons pu soutenir les familles qui dépendent habituellement des repas scolaires fournis dans nos centres d’éducation informelle.

La fermeture des écoles dans le monde a, non seulement un impact négatif sur le droit à l’éducation des enfants, mais également sur d’autres droits humains fondamentaux tels que le droit à l’alimentation. En effet, alors que la pandémie se poursuit, l’accès aux services d’alimentation et de nutrition scolaires habituellement assurés par les écoles pour les enfants marginalisés est suspendu. Au Cambodge, où 32% des enfants de moins de cinq ans souffriraient d’un retard de croissance dû à la malnutrition, le coronavirus représente donc une menace supplémentaire pour leur bon développement.

La fermeture des écoles prive les enfants de leurs repas scolaires 

C’est pourquoi, À Phnom Penh, la capitale, Aide et Action travaille avec le YMCA pour identifier les familles qui peinent à se nourrir en raison de l’impact du Cornavirus. Pour les soutenir, nous leur fournissons désormais 10 kg de riz chaque mois, pour les trois prochains mois. Dans le cadre du Consortium cambodgien pour les enfants non scolarisés, dirigé par Aide et Action, les enfants de ces familles sont habituellement accueillis dans un centre d’éducation non formelle, dans la zone défavorisée de Posenchey. Cependant, conformément aux mesures de prévention liées au Coronavirus, celui-ci a dû fermer temporairement ses portes en mars. Cela a non seulement provoqué l’interruption de l’éducation, mais aussi une perte de source de nutrition, car deux repas par jour étaient fournis aux enfants locaux.

« Aujourd’hui, je suis soulagée. Nous en avions besoin, témoigne Hoat Channa, mère de six enfants, âgée de 35 ans, en ramassant son colis. Mon mari est chauffeur de tuk-tuk mais maintenant il n’a plus de clients et nous ne pouvons pas nourrir nos enfants comme avant. » Malheureusement, la situation de Channa et de sa famille n’est pas unique. La Banque mondiale suggère que la pauvreté, en Asie du Sud-Est et dans la région du Pacifique, pourrait toucher 11 millions de personnes supplémentaires si les conditions s’aggravaient.

Le risque grandissant du travail de rue pour les enfants déscolarisés 

Bien que nous répondions actuellement à des besoins essentiels tels que la santé, l’assainissement et la nutrition, nous souhaitons également souligner le fait que les besoins éducatifs ne peuvent pas être oubliés et qu’ils ont un impact tout aussi préjudiciable s’ils ne sont pas pris en compte. Alors que les écoles restent fermées, les enfants non scolarisés issus de milieux défavorisés se livrent à des activités de travail précaire dans la rue comme le ramassage du plastique, la vente de nourriture ou la collecte de bois. « En ce moment, mes enfants travaillent hors de l’école », confirme Channa.

Comme l’explique Ruvini Wanigaratne, Responsable de programme pour Aide et Action en Asie du Sud-Est, « L’effet du coronavirus risque d’être durable. L’interruption de l’éducation peut avoir des implications à long terme – en particulier pour les plus vulnérables, tels que ceux qui vivent dans les quartiers pauvres de Phnom Penh ». C’est pourquoi, il est urgent que ces communautés vulnérables reçoivent un soutien immédiat pour pouvoir continuer à vivre dans la dignité et en bonne santé.

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