Les crises multiples menacent l’avenir des enfants et du monde

Triste constat en cette 33ème Journée internationale des droits de l’enfant (20 novembre) : en dépit d’une forte mobilisation internationale au cours des trois dernières décennies, les enfants sont toujours les premières victimes des crises. Et l’avenir du monde s’en trouve sérieusement menacé. 

Il y a tout juste 33 ans était adopté aux Nations Unies le premier traité international contraignant à faire des enfants des sujets de droit à part entière. Le texte – la Convention relative aux droits de l’enfants (CIDE)- a depuis été signé par plus de 196 états, qui se sont donc engagés à tout mettre en œuvre pour garantir aux moins de 18 ans l’intégralité de leurs droits fondamentaux. Au cours des vingt dernières années, les états ont multiplié les engagements pour améliorer l’effectivité des droits de l’enfant, en ratifiant par exemple le 3ème Protocole facultatif à la CIDE, qui permet aux enfants de porter plainte devant le Comité des Droits de l’Enfant si leurs droits ont été violés,  la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, qui vise à protéger les écoles des attaques et conflits ; les Principes et Engagements de Paris, qui visent à mettre un terme à l’utilisation ou au recrutement des enfants soldat ou encore les Principes de Vancouver, qui constituent un ensemble d’engagements politiques axés sur la protection des enfants dans les opérations de maintien de la paix, y compris à toutes les étapes du cycle d’un conflit. 

Les enfants, premières victimes des crises

Et pourtant en dépit de la mobilisation des Etats, les enfants sont toujours les premières victimes des crises économiques, politiques, sécuritaires, sanitaires ou encore écologiques. Du fait de leurs âges, de leurs vulnérabilités, et de leur dépendance aux adultes, ils sont de fait plus exposés aux conséquences sociales des crises et aux violences : la pandémie de COVID-19, qui a entraîné déscolarisations et problèmes financiers pour les ménages, a accru les difficultés des plus jeunes avec une augmentation considérable du nombre d’enfants soldats, une multiplication des attaques contre les écoles, une explosion des mariages et grossesses précoces…Et il est fort à craindre que l’actuelle inflation et hausse des coûts des denrées alimentaires n’entrainent une hausse de la pauvreté et de la famine pour des millions d’enfants, venant encore aggraver une situation que l’on pourrait déjà qualifier de catastrophique. 

Une situation catastrophique partout dans le monde

Aujourd’hui plus de 385 millions d’enfants et de jeunes vivent dans la pauvreté, 154, 8 millions sont menacés de faim, 244 millions sont privés d’éducation et près de 250 millions, soit 1 sur 9, grandissent dans des zones et pays touchés par des conflits. Entre 2005 et 2020, pas moins de 266 000 violations graves ont été commises contre des enfants par des acteurs étatiques et non-étatiques dans plus de 30 situations de conflit en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique latine. Le monde compte aujourd’hui 36,5 millions d’enfants déplacés, soit le nombre le plus élevé enregistré depuis la Seconde Guerre mondiale. Les pays développés ne sont pas épargnés, avec en France par exemple, 21% d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté, plus de 50 000 enfants et adolescents victimes chaque année de violences physiques, sexuelles et psychologiques, , et des milliers d’enfants privés d’éducation

Sans droits de l’enfant, quel monde pour demain ?

Comment ces enfants, privés aujourd’hui d’un accès aux services essentiels, à leurs droits les plus basiques, pourront-ils demain être des adultes acteurs de leur développement, autonomes et citoyens ? Comment pourront-ils contribuer activement à la construction d’un monde plus juste ? Comment pourront-ils faire face aux crises appelées à se multiplier ?  Comment pourront-ils à leur tour protéger leurs enfants et l’avenir de la planète ? La réponse est simple :  ils ne le pourront pas et l’avenir même du monde en sera menacé. 

La communauté internationale a pris l’engagement de construire d’ici à 2030 un monde juste et durable. Sans un respect des droits fondamentaux de chaque enfant, partout dans le monde, ce vœu restera pieu. Face à une telle menace, Action Education appelle la communauté internationale dans son ensemble, Etats, société civile, secteur privé, à se mobiliser pour faire du respect des droits de l’enfant une priorité et une réalité absolue. Tout doit être mis en œuvre pour que les engagements ne restent pas lettre morte et que chaque enfant, fille et garçon, ait accès à un état civil, à 12 années d’éducation gratuite, inclusive et de qualité, à des niveaux de vie acceptables, à des soins, à une nourriture suffisante et adaptée et à la protection nécessaire à son développement et à sa sécurité. 

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