Droits des filles : l’éducation comme arme massive pour l’égalité des genres

Les droits fondamentaux des jeunes filles sont gravement menacés par les conséquences économiques et sociales de la pandémie de COVID-19 et par les crises économiques, politiques et climatiques qui ne cessent de se multiplier.  Face à l’urgence de la situation, Action Education tire la sonnette d’alarme et voit dans l’accès de toutes à l’éducation une arme massive pour garantir les droits fondamentaux des filles. 

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question ». 

Alors que l’on célèbre aujourd’hui la 10ème édition de la Journée Internationale des droits des filles, force est de constater la triste exactitude des propos de Simone de Beauvoir. Explosion des mariages et grossesses précoces, hausse des violences, privation d’accès aux soins et à l’éducation, limitation de leurs droits sexuels et reproductifs : la situation des jeunes filles dans le monde n’a probablement jamais été aussi dramatique. 

Une régression indéniable des droits fondamentaux

Derrière cette indéniable régression des droits fondamentaux des filles, se cachent la pandémie de Covid-19 bien sûr et ses mesures de restrictions sociales qui, durant des mois, ont privé les jeunes filles d’accès à l’éducation et aux soins, et les ont exposés à toutes les violences, morales et physiques, sans possible recours à une assistance. Mais au cours des derniers mois, les crises, économiques, politiques et écologiques, n’ont eu de cesse de se multiplier et ont particulièrement affecté les jeunes filles. Les conflits et catastrophes climatiques ont notamment entraîné d’importants déplacements de population _ 44 millions de filles et de femmes sont aujourd’hui déplacées_ et aggravent l’insécurité alimentaire dont les filles et les femmes sont les premières victimes. La guerre en Ukraine et l’envolée de l’inflation confrontent désormais les jeunes filles à toujours davantage d’inégalités et de pauvreté. A date, plus de 938 millions de filles et de femmes vivent avec moins de USD 3,20 par jour.  Au rythme actuel, si rien ne change, le nombre de femmes vivant dans l’extrême pauvreté en Afrique Subsaharienne, l’une des régions les plus pauvres du monde, sera plus important en 2030 qu’aujourd’hui. Si rien ne change, alertent UN Women, la parité des genres ne sera pas atteinte avant près de trois siècles. 

L’éducation, vecteur de progrès et d’égalité des genres

Pour des millions de jeunes filles dans le monde, la perte de leurs droits fondamentaux n’a rien d’une fatalité. Des progrès, certains notables, avaient été obtenus durant les précédentes décennies sans pour autant réellement renverser l’ordre établi. Il aura donc suffi d’une succession de crises pour balayer les avancées obtenues en faveur de l’égalité des genres et permettre au patriarcat de brutalement réimposer son autorité et sa vision très manichéenne du monde. Or les gouvernements, notamment ceux qui se sont mobilisés depuis des années en faveur de l’égalité des genres, savent très bien par quels moyens agir pour faire respecter les droits fondamentaux des filles : il est plus qu’urgent maintenant de garantir aux femmes une égalité d’accès à l’éducation, à l’emploi et aux postes de décision. Pour Action Education, seul l’accès à une éducation de qualité permettra aux jeunes filles d’acquérir des savoir-faire et savoir-être indispensables à leur vie d’adultes et de citoyennes, de construire leur esprit critique, d’avoir connaissance de leurs droits, et la confiance nécessaire pour les défendre. Plus encore, elle leur permettra d’occuper des postes de pouvoir et de décision, qui leur permettront de renverser les rapports de force qui prévalent dans nos sociétés depuis des siècles. 

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