Le gouvernement français, par la voix du Ministre de l’Economie et des Finances Bruno Lemaire, annonçait le 18 février dernier la décision de faire 10 milliards d’économies dès cette année. Parmi les principaux secteurs touchés par ces coupes budgétaires, celui de l’aide publique au développement qui devra renoncer à 742 millions d’euros. A noter que fin 2023, le gouvernement français avait déjà refusé d’augmenter le budget de l’aide publique au développement (+ 0,08 % par rapport à 2023) dans un contexte de « réduction du déficit public ».
Une coupe budgétaire aux conséquences lourdes pour les plus vulnérables
Cette annonce sans précédent est contraire aux engagements présidentiels et à la Loi n° 2021-1031 de programmation relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales, votée à l’unanimité par les parlementaires en août 2021, et qui prévoyait une augmentation continue de l’APD et l’atteinte, en 2025, de l’objectif de 0,7 % du revenu national brut. Pour Action Education, cette coupe massive est inadmissible et aura des conséquences dramatiques sur les populations les plus vulnérables. Des projets et programmes garantissant l’accès à des services essentiels comme l’eau, l’alimentation ou l’éducation se verront annulés dans un contexte mondial difficile, alors que se multiplient les crises et les violations des droits humains.
Toutes les ONGs mobilisées
Pour toutes les organisations de solidarité internationale, cette annonce a fait l’effet d’un coup de semonce, entraînant une mobilisation générale et immédiate. C’est ainsi que Coordination Sud, la coordination nationale des organisations de solidarité françaises a publié dès le mardi 27 février une tribune dans le quotidien Le Monde . Le texte, signé par plus d’une centaine d’organisations, dont Action Education et la Coalition Education, dont nous sommes Chef de file, dénonce un véritable retour en arrière pour l’aide publique au développement.
« La France est-elle en train de rebrousser chemin, de se soustraire à sa responsabilité envers la solidarité internationale ? Le Président veut-il aller à rebours de la loi qu’il a lui-même initiée et promulguée en août 2021, après son adoption à l’unanimité par les groupes parlementaires et prévoyant une augmentation significative des financements ? », s’interrogent toutes les organisations de solidarité internationale.
Ensemble, nous demandons au Président de la République Emmanuel Macron de revenir sur sa décision et de réaffirmer son engagement envers la solidarité internationale.







