TRIBUNE – Présidentielle 2022 : faire de l’éducation une priorité absolue

Crédit photo : Julie PUDLOWSKI

Aujourd’hui, seule l’éducation pourra aider les enfants et les jeunes à se remettre du traumatisme de la COVID-19 et à devenir des citoyens éclairés, capables de construire un monde plus juste et résilient demain. Aide et Action interpelle donc les candidat.e.s à l’élection présidentielle 2022 afin qu’ils et elles s’engagent à faire de l’éducation une priorité absolue tant sur le sol français que dans le cadre de la politique de coopération et de solidarité internationale de la France.

La pandémie de COVID-19 a changé l’Histoire. D’une crise sanitaire et sociale, elle est devenue en quelques semaines une crise économique mondiale, touchant tous les pans du quotidien, frappant les hommes, et plus férocement encore les femmes. Mais aujourd’hui, c’est l’avenir même du monde qu’elle menace. Car si les enfants ont été plutôt épargnés par la maladie elle-même, ils ont par contre subi de plein fouet les conséquences économiques et sociales de la crise.

Les mesures de confinement et de restrictions sociales imposées par les Etats, parmi lesquels la France, ont privé les enfants de leurs droits les plus fondamentaux : le manque d’accès aux soins laisse aujourd’hui craindre aujourd’hui une explosion des maladies, même celles habituellement évitables. Les violences intrafamiliales ont explosé. Enfin, pendant des semaines, l’école, lieu privilégié de l’apprentissage bien sûr, mais aussi de la parole libre, du jeu, du débat et lien social, de l’encadrement enfin par des professionnels de l’enfance bienveillants, est restée portes closes.

Apprentissages et stress post-traumatiques en France

En France, l’école à distance a entraîné des pertes d’apprentissages. Les performances en lecture notamment se sont très largement détériorées et les inégalités entre les élèves favorisés et ceux en éducation prioritaire se sont encore accentuées. Beaucoup d’enfants ont décroché. De 4 à 5% selon l’éducation nationale, beaucoup plus selon les enseignants.

Au-delà des problèmes d’apprentissages, la crise a fait naître de lourds problèmes psychologiques, qui pèsent aujourd’hui encore sur la santé des plus jeunes. Beaucoup ont été victimes de violences, dont ils ne pourront jamais se remettre. Pertes de confiance, difficultés à se mettre au travail, stress ont explosé dans le cadre de la vie scolaire. L’angoisse de l’isolement, ajoutés aux multiples ruptures de rythme entre confinement total et école en semi-présentiel, les risques de contaminations, et les obligations de tests, ont angoissé et traumatisés de nombreux jeunes, entraînant notamment une hausse des hospitalisations pédo-psychiatriques 

Plus de la moitié des enfants du monde privés de bien-être

Dans le reste du monde, là où le modèle social est loin de garantir comme en France un accès obligatoire et gratuit à la santé, à l’éducation et à la protection, les conséquences sont encore plus terribles. 86 millions d’enfants ont sombré dans la pauvreté extrême, connu la faim et la souffrance. 24 millions d’enfants ne reprendront plus jamais le chemin de l’école en raison des impacts économiques et sociaux de la pandémie. 8 millions d’entre eux ont déjà été mis de force au travail, parfois dans des conditions extrêmement dangereuses, pour compenser les pertes de revenus. Et plus de 13 millions de petites filles ont été ou seront mariées de force d’ici à 2030 dans l’espoir d’avoir une bouche de moins à nourrir et quelques euros de plus dans la poche. Et il est fort probable que ces premières estimations soient loin, très loin, de la difficile réalité que nous allons devoir affronter. Avant la pandémie on estimait déjà que 617 millions d’enfants, soit un enfant sur 6 dans le monde, n’avaient pas les compétences fondamentales. La pandémie aurait entraîné une hausse de minimum 10%. Plus de la moitié des enfants du monde ne saurait donc pas lire une simple phrase aujourd’hui. Dans ces conditions-là, quel monde envisager pour demain ? Quelle société pourra-t-on construire ? Quelle vie laisserons-nous à nos enfants ?

La catastrophe qui se prépare est d’une ampleur inédite et, pour la première fois, le monde pourrait régresser. Pour Aide et Action, association de développement, il n’est pas trop tard pour y remédier et sauver l’avenir de générations entières. C’est pourquoi nous interpellons aujourd’hui les candidat.e.s à l’élection présidentielle 2022 afin qu’ils et elles s’engagent à faire de l’éducation une priorité absolue tant sur le sol français que dans le cadre de la politique de coopération et de solidarité internationale de la France. Seul l’accès à une éducation de qualité permettra d’accompagner les plus jeunes vers plus de résilience, les aidera à dépasser les traumatismes et les préparera aux nouvelles crises qui ne manqueront malheureusement pas de survenir. Il garantira la réalisation des droits humains fondamentaux, la construction de citoyens éclairés et la création d’un monde juste et durable. A l’aube d’un nouveau mandat présidentiel, la France doit donner l’exemple et s’assurer que ce droit essentiel, garant des autres droits fondamentaux, est appliqué et respecté partout dans le monde. 

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