773 millions de personnes dans le monde ne pourraient pas lire cet article

💡 Quelle est la différence entre illettrisme et analphabétisme ?

L’analphabétisme consiste à n’avoir jamais appris à lire et à écrire.

L’illettrisme concerne des adultes qui ont appris à lire et à écrire mais en ont perdu la maîtrise.

En France, 2,5 millions de personnes âgées de 18 à 65 ans se trouvent en situation d’illettrisme, soit 7% de la population. L’illettrisme a été déclarée grande cause nationale en 2013.

Dans le monde, 773 millions de personnes adultes sont analphabètes, dont les deux tiers sont des femmes. Les taux les plus faibles d’alphabétisation se trouvent en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.

💡Le saviez-vous ?

Un enfant dont la mère sait lire a 50 % de chances de plus de survivre au-delà de sa cinquième année.

Chaque année d’études réduit le risque de conflit de près de 20 %.

« Une fois que vous aurez appris à lire, vous serez libre pour toujours »

Frederick Douglass

orateur et écrivain abolitionniste

La journée internationale de l’alphabétisation, le 8 septembre, est l’occasion de rappeler que 773 millions de personnes adultes dans le monde (soit environ 14% de la population) ne savent pas lire et écrire. Parmi elles, deux tiers sont des femmes. Pourtant, l’alphabétisation est un droit humain fondamental. Découvrez comment Action Education agit pour faire respecter ce droit et favoriser l’apprentissage tout au long de la vie.

Comment serait votre vie quotidienne si vous ne pouviez ni lire ni écrire ? Sans compétences en lecture, de simples actions deviennent impossibles à effectuer : lire une ordonnance, un formulaire, obtenir des informations, choisir un bulletin de vote, trouver un travail…

Droit humain fondamental, l’alphabétisation est le socle de l’apprentissage, nécessaire à tout individu pour se développer tout au long de sa vie. C’est également un instrument d’autonomisation et de confiance en soi qui facilite l’accès à l’amélioration de la santé, à l’emploi et à la réduction de la pauvreté. L’accès à une éducation de qualité est un cercle vertueux et ses impacts positifs se transmettent entre les générations.

Malgré les progrès réalisés dans le monde, notamment entre 1950 et 2000, les défis en matière d’alphabétisation persistent. Les deux tiers de la population analphabète mondiale se trouvent en Asie du Sud (sous-continent indien) et en Afrique subsaharienne. Les personnes analphabètes souffrent souvent d’auto dévalorisation et de honte. Elles sont vouées à occuper des emplois très précaires, majoritairement dans l’économie informelle, et à être exploitées. La peur de la stigmatisation peut représenter un frein à la recherche de solutions (formations…).

Sur nos différents terrains d’intervention, nous agissons au quotidien pour renforcer l’alphabétisation et sensibiliser les personnes les plus fragiles à leurs droits. En voici quelques exemples :

A Madagascar, le projet Sandratra (qui signifie « levée du jour ») intervient dans trois arrondissements de la capitale, où 13% des jeunes femmes de 15 à 29 ans sont mères isolées et sans ressources. Parmi ces jeunes mères, de nombreuses ont quitté l’école très tôt ou n’ont pas été scolarisées. Le projet se concentre sur l’autonomisation de 900 jeunes mères isolées en leur proposant des programmes d’alphabétisation et de formation professionnelle.

Jeune femme qui lit dans une salle de classe à Madagascar

Marie-Esther se confie : « J’ai 28 ans et j’ai deux enfants. J’ai arrêté l’école tôt car mes parents n’avaient pas les moyens pour payer mes frais de scolarité. Puis mon père est décédé et c’était encore plus difficile pour ma mère. En tant que femme, la pression sociale nous pousse à nous marier et à avoir des enfants. Après mon divorce, j’ai dû me débrouiller seule. Dans le cadre du projet Sandratra, j’ai suivi des cours de remise à niveau en écriture et en calcul. Je les ai trouvés très intéressants car j’ai pu les appliquer dans ma vie quotidienne. J’ai pu moi-même enseigner à ma fille, qui ne va malheureusement pas à l’école, comment écrire et calculer. Et maintenant, c’est elle à son tour qui apprend à ses cousins et cousines, et elle en est très contente ! ».

En Guinée, le projet « Femmes et Arbre à Palabre 2.0 » est une initiative de renforcement des capacités des femmes non scolarisées par le numérique. 76% des femmes de la préfecture de Boké sont analphabètes.

Femmes en séance de prise en main des tablettes à la maison digitale de Tambindjè en Guinée

La spécificité de ce projet est de proposer des contenus numériques en langue nationale pulaar accessibles sur des tablettes. Le projet cible des femmes non scolarisées et contribue au développement de leur leadership. Il s’agit par exemple pour elles d’accéder aux pièces d’état civil, de participer aux élections locales, d’apprendre à gérer un budget, de renforcer leur organisation ou de concourir à l’obtention de financements de la commune.

De nombreux changements ont été observés : des prises de parole en public par les femmes participant au projet, la création de coopératives, la prise de conscience de l’importance de la scolarisation des filles… Mariama Yacine témoigne : « A plus de 40 ans, c’est la première fois que je me retrouve dans une salle de classe pour me former. Je suis plus que comblée, je comprends que c’est possible d’apprendre à tout âge ! ».

En Inde, le projet « Ensuring Quality of Education » dans le district de Ujjain (Etat du Madhya Pradesh) assure des formations en alphabétisation et en calcul à des mères qui n’ont pas été scolarisées.

Session de formation pour femmes en Inde

Accompagner la scolarité des enfants demeure une vraie difficulté pour des parents analphabètes. Chaque exercice, chaque devoir devient un obstacle et engendre des situations dévalorisantes pour les parents et frustrantes pour les enfants.

Notre projet sensibilise les mères et les communautés sur l’importance de l’éducation de leurs enfants. Les mères sont encouragées à se rendre dans les écoles et à s’engager activement auprès des enfants.

« L’éducation a été un rêve insaisissable dans ma vie. Je n’ai jamais eu le privilège d’aller à l’école. Cependant, l’importance de l’éducation pour l’avenir de nos enfants a toujours été très claire pour moi.

« Je suis un témoignage vivant du pouvoir de transformation de l’éducation ! »

Sous l’égide du projet, quelque chose d’extraordinaire s’est produit dans notre village. Des comités de mères ont été créés au niveau local, et j’ai eu la chance de rejoindre l’un d’entre eux. J’ai commencé à percer les mystères de la langue hindi et des chiffres. Un monde qui m’était autrefois étranger a commencé à prendre tout son sens !

Aujourd’hui, à 41 ans, je peux dire avec fierté que j’ai acquis la capacité de lire, d’écrire et d’effectuer des calculs de base – une réussite monumentale pour quelqu’un qui n’avait jamais mis les pieds dans une salle de classe ! Mon parcours ne s’arrête pas là. Je consacre maintenant une partie de ma semaine à aider les enseignants à maintenir un environnement d’apprentissage propre et accueillant dans l’école de notre village. Je suis un témoignage vivant du pouvoir de transformation de l’éducation ! ».

Kanchan

habitante du village de Divel dans l’Etat du Madhya Pradesh

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