Droits fondamentaux : les jeunes filles sont menacées

Viols, séquestrations, violences physiques, mariages forcés… ne sont que quelques exemples des nombreuses privations et violations des droits de l’enfant dont les jeunes filles sont victimes dans le monde. Et leur situation ne cesse de s’aggraver, notamment dans les situations de crises. En ce 11 octobre, Journée internationale des droits des filles, Action Education tire la sonnette d’alarme et rappelle l’urgence de garantir l’accès de toutes à une éducation de qualité. Cette année, l’association s’associe à Plan Internationale et co-signe une Tribune appelant les Etats à garantir l’accès de toutes à une éducation de qualité. 

En Afghanistan, les jeunes filles ne peuvent plus se déplacer librement et sont privées d’éducation dès l’âge de 12 ans. En Ukraine, elles sont des milliers à avoir subi des violations sexuelles et sexistes durant les conflits. Au Burkina Faso, des milliers d’entre elles sont séquestrées, mariées de force ou servent d’esclaves dans des groupes extrémistes. Au Soudan, elles sont exposées aux pires violences, exploitations et abus sexuels, alors que l’accès à l’aide et aux services essentiels sont extrêmement limités. Dans de nombreux pays, y compris les plus développés, elles voient leurs droits sexuels et reproductifs limités et contrôlés. En France, 130 000 ont subi des viols ou tentatives de viols. Et ce ne sont là que quelques exemples des persécutions, stigmatisations, violations des droits de l’enfant dont les jeunes filles sont victimes, partout dans le monde, notamment dans les situations de crises politiques, économiques, sécuritaires ou même climatiques. 

  • 1 fille est mariée toutes les 2 secondes dans le monde, soit 12 millions de filles victimes de mariages forcés chaque année 
  • 1 fille sur 5 donne naissance à son premier enfant avant 18 ans
  • 1 fille sur 4 seulement est scolarisée dans les pays les moins avancées
  • 1 fille sur 10 entre 15 et 49 ans est aujourd’hui victime de violences sexuelles et physiques de son partenaire.

Des droits fondamentaux violés et bafoués en quasi toute impunité

Derrière cette hausse des violations des droits des jeunes filles, se cache la hausse inexorable de la pauvreté. A date, plus de 938 millions de filles et de femmes vivent avec moins de USD 3,20 par jour. Au rythme actuel, si rien ne change, le nombre de femmes vivant dans l’extrême pauvreté en Afrique Subsaharienne, l’une des régions les plus pauvres du monde, sera plus important en 2030 qu’aujourd’hui. En cause, la multiplication des crises politiques, sécuritaires, climatiques mais aussi l’augmentation des coûts des matières premières, de l’énergie et de l’alimentation qui ont condamné beaucoup de familles défavorisées à déscolariser leurs filles, à limiter leurs soins, à diminuer leur ration alimentaire, voire à les mettre au travail ou à les marier dans l’espoir d’avoir une bouche de moins à nourrir. Mais cela s’explique aussi par le peu de considération dont ces jeunes filles sont l’objet. Dans trop de pays, elles sont encore trop souvent déconsidérées, vues comme inférieures, inutiles, inintéressantes, et de fait, exclues de toute décision, y compris celles qui les concernent de près, et réduites au silence. 

L’éducation, vecteur de progrès et d’égalité des genres

Pour des millions de jeunes filles dans le monde, la perte de leurs droits fondamentaux n’a rien d’une fatalité. Des progrès, certains notables, avaient été obtenus durant les précédentes décennies sans pour autant réellement renverser l’ordre établi. Il aura donc suffi d’une succession de crises pour balayer les avancées obtenues en faveur de l’égalité des genres et permettre au patriarcat de brutalement réimposer son autorité et sa vision très manichéenne du monde. Or les Etats, notamment ceux qui se sont mobilisés depuis des années en faveur de l’égalité des genres, savent très bien par quels moyens agir pour faire respecter les droits fondamentaux des filles : garantir à toutes, notamment aux jeunes filles les plus vulnérables, 12 années d’éducation gratuite et de qualité. Pour Action Education, seul l’accès à une éducation de qualité permettra aux jeunes filles d’acquérir des savoir-faire et savoir-être indispensables à leur vie d’adultes et de citoyennes, de construire leur esprit critique, d’avoir connaissance de leurs droits, et la confiance nécessaire pour les défendre. Plus encore, elle leur permettra d’occuper des postes de pouvoir et de décision, qui leur permettront de renverser les rapports de force qui prévalent dans nos sociétés depuis des siècles et de devenir des actrices de changement. C’est pourquoi, à l’occasion de la Journée Internationale des droits des filles, Action Education co-signe la Tribune de Plan International pour demander aux Etats de passer enfin de la parole aux actes et d’adopter des politiques et des lois qui protègent les droits des filles et garantissent leur accès à l’éducation et à l’autonomie.

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